Le début du week-end ne laissait pas présager un rendez-vous très gai pour le clan Français. Mais c’était sans compter sur la forte détermination et le travail de Julien Jousse, qui devient le 3ème vainqueur Français en SuperLeague Formula by Sonangol de la saison, et le nouveau podium de Tristan Gommendy, qui a concrétisé grâce à sa persévérance dans ses choix techniques.
COURSE 1: Des petits points, pas mal de galères, beaucoup de travail.
Il fait déjà très chaud pour la première course et de nombreuses machines arborent des orifices d’aération percés à même la coque aérodynamique. Au départ, Julien Jousse (AS Roma) s’élance parfaitement et gagne trois positions dès le premier tour, passant de la 15ème à la 12ème position. Tristan Gommendy, avec la monoplace du Galatasaray, gagne également une place et pointe 16ème après la première boucle, tandis que pour son premier départ lancé en SuperLeague Formula, Jaap van Laan se fait chiper deux positions et rétrograde à la 14ème place avec les Girondins de Bordeaux.
Après son tête à queue du quatrième tour, il devient clair pour Tristan Gommendy que sa course se fera derrière. Toujours victime d’une important sous-virage, et tandis qu’il rejoint la machine de Beijing, le Parisien ne déborde pas d’agressivité pour tenter de passer, pensant à la grille inversée de la seconde manche.
La valse des ravitaillements se déroule sans soucis pour les représentants des couleurs françaises. Sur une stratégie décalée, les Girondins de Bordeaux retardent au maximum leur arrêt et stoppent Van Laan quatre boucles après les leaders de la course. C’est pendant ces tours clairs que le Néerlandais parviendra à maintenir un écart suffisant pour sauver sa position. Il mettra même la pression en dernier tiers de course sur le FC Porto d’Alvaro Parente pour le gain de la 11ème place, sans trouver la solution. Il bénéficiera cependant de l’abandon de Duncan Tappy (Flamengo) pour finir 12ème, dans la même position que celle qu’il occupait au départ.
Pour Jousse, c’est la soupe à la grimace : les problèmes récurrents de boîte de vitesses n’ont pas été résolus depuis le début du week-end. Mauvaise saga de l’été, cette avarie interminable contrariera tous ses espoirs : au moment de descendre les rapports, un problème de pression l’obligera à négocier certains virages en 5ème ou 6ème vitesse. Des problèmes que connaîtront également Yelmer Buurman (Milan AC) et le pilote d’essais Virgin Racing F1 Andy Soucek (Sporting Portugal).
Après une belle bagarre qui ne vit jamais les deux monoplaces de tête de Van der Drift (Olympiacos) et Rigon (Anderlecht) se quitter de plus d’une seconde, c’est le pilote Néerlandais qui l’emportera et se mettra en quête d’une qualification pour une 3ème SuperFinale consécutive.
COURSE 2: Jousse remporte la victoire sur une course pleine de dépassements musclés ; Gommendy signe un nouveau podium.
Le départ lancé de la course 2 est un véritable jeu de quilles. Avec la monoplace du FC Séville, Marcos Martinez tasse Robert Doornbos (Corinthians) contre le mur avant même le passage de la ligne. Le Néerlandais n’a d’autre choix que de donner un gros coup de volant à gauche et envoie le leader du championnat Craig Dolby (Tottenham Hotspurs) dans le mur opposé. C’est en se tenant le poignet que Dolby sort de sa machine, mais il n’aura heureusement aucun dégât corporel à déplorer.
Le grand « chanceux » de l’agitation du départ s’appelle Robert Doornbos. Sans son aileron avant, il négocie le premier virage à l’extérieur tandis que Martinez, encore lui, prend l’intérieur et heurte l’ex-pilote F1 qui devient passager de sa monoplace qui part en tonneau et glisse à l’envers sur 50 mètres dans le bac à graviers avant de retomber sur ses roues. « Bobby D » sortira gaillardement de sa machine détruite sans blessures à déplorer. « Deux crashs en 400 mètres, qui dit mieux ? », ironisera-t-il ensuite.
Après deux tours de neutralisation sous Safety-Car, la course reprend ses droits. Gommendy se fait une chaleur en entrant en contact avec Maria de Villota qui protège sa position en se décalant dans la ligne droite des stands. Plus de peur que de mal, cependant. Il se débarrassera de la pilote espagnole au 8ème passage. Julien Jousse est second, dans l’aileron du Flamengo. Très vite, il se détache dans un groupe de quatre, qui compte 5 secondes d’avances sur la concurrence après cinq boucles claires. C’est déjà l’heure de la fenêtre des ravitaillements.
Ducan Tappy (Flamengo), leader de la course, entre aux stands au 10ème tour. Julien Jousse y passera un tour après, et ressortira juste devant l’aileron de la monoplace du club carioca; Tappy devra mettre les roues dans l’herbe pour éviter le contact avec le Français qui occupe la trajectoire. Par la suite, Jousse s’envole. C’est une avance de 4’2 sec qu’il se crée en seulement 4 tours avec ses pneus neufs. Un rythme incontestable qu’il maintiendra jusqu’à l’arrivée, et atteignant 8 secondes.
De son côté, Gommendy n’est pas en reste. 4ème après une erreur commise par Max Wissel (FC Bâle), le voilà à l’attaque sur Alvaro Parente (FC Porto) dans le 22ème tour pour la troisième marche du podium. Mais rapidement, c’est dans ses rétroviseurs qu’il devra regarder, avec un Wissel qui n’a pas dit son dernier mot. Il bénéficiera d’un gros « cadeau » avec la sortie de piste d’Alvaro Parente, alors 3ème, à deux minutes de la fin de la course. Une position que Tristan saura protéger jusqu’à l’arrivée, pour un second podium après celui acquis lors de la dernière manche, au Nürburgring.
SUPERFINALE : Jousse et Gommendy participent à la course de 5 tours qui définit l’attribution des primes monétaires du week-end. Respectivement 5ème et 6ème sur le départ arrêté, ils préviennent : il sera impossible de concurrencer les pilotes équipés de gommes neuves. Tous deux s’élancent bien et se calent en troisième et quatrième position. L’enjeu est trop important pour aller prendre des risques, et Gommendy reste sagement derrière son compatriote. « Ses freins sont morts, de toute façon », explique l’un de ses ingénieurs. Un résultat accueilli comme un grand soulagement pour tous les deux, qui ont dû batailler dans contre leurs machines à différents stades du week-end.
Julien Jousse (AS Roma):
Course 1 : 15ème
Course 2 : 1er (1ère victoire en Superleague Formula)
Super Finale : 3ème ( 40’000€ de gains)
«Je suis content de cette victoire, surtout avec le début de week-end qu’on a eu. Jusqu’à très peu de temps avant la seconde course, ma boîte de vitesses ne fonctionnait pas sur la descente de rapports. J’étais très inquiet, mais ce résultat me réjouit et je repars d’ici confiant dans l’optique de la fin du championnat. Sur la sortie des stands, je n’ai pas vu Tappy, en fait ! Quand j’ai réalisé qu’il était juste derrière moi, j’ai activé le push-to-pass et je suis parti ! Ensuite j’ai creusé l’écart et j’ai géré. Il était temps que ça marche bien, on a bien travaillé avec l’équipe. C’est positif. La voiture se comporte vraiment bien avec des pneus neufs ».
Tristan Gommendy (Galatasaray):
Course 1 : 14ème
Course 2 : 3ème (2nd podium cette saison)
Super Finale : 4ème
«En dépit du sous-virage qui affecte tout de même beaucoup ma voiture, j’ai réussi à aller chercher un résultat à la force du poignet. C’est vraiment dur physiquement, ici, mais on me surnommait « Mr Chicane » avant, car j’ai la réputation de voler sur les circuits où on en trouve, au sens littéral du terme ! Je suis heureux aussi personnellement car j’ai dû prendre des décisions pendant le week-end et l’équipe, en dépit de nombreux désaccords, a décidé de me renouveler sa confiance. Maintenant, j’ai hâte d’être à Brands Hatch avec Franck Montagny».
Jaap van Lagen (FC Girondins de Bordeaux):
Course 1 : 12ème
Course 2 : 10ème
« Je suis satisfait de mon week-end. C’était la première fois que je montais dans l’auto. Mon objectif était de terminer les courses, et c’est non seulement ce que j’ai fait, mais avec pas mal de dépassements en prime dans la seconde course. Je suis remonté depuis la 16ème position jusqu’à la 10ème position. C’est une chouette auto, très dure à conduire physiquement, et le plateau auquel je me suis frotté est l’un des plus compétitifs que l’on peut trouver. Je suis assez fier de ce résultat».