TRIOMPHE BELGE à DOMICILE, DéCEPTION FRANçAISE

 C’est l’Australie qui repart en tête du championnat au terme du second rendez-vous de la saison, mais le pilote Belge Frédéric Vervisch repart avec les 100’000€ de la victoire en Superfinale.

Course 1: La France dans le mur, Dolby gagne dans les stands

La journée de dimanche commence par un changement notable sur la grille : Craig Dolby (Angleterre), auteur de la pole-position hier, est déclassé au second rang sur la grille par les commissaires sportifs. En cause, la gêne occasionnée sur Neel Jani (Belgique – RSC Anderlecht) tandis qu’il calait à la sortie de la ligne des stands la veille, lors des dernières minutes de la séance de qualifications. C’est ainsi Chris Van der Drift (Nouvelle-Zélande) qui part depuis la pole position.

Van der Drift prend un départ parfait et se détache devant Craig Dolby et Neel Jani. Aucun accrochage n’est à déplorer lors du premier tour de tout juste 4000 mètres. Tristan Gommendy (France-Girondins de Bordeaux) perd une position au profit de Mikhail Aleshin (Russie) et ferme la marche au terme de la première boucle.

Deux tours plus tard, Tristan Gommendy s’accidente seul dans la ligne droite de départ avec la machine France-Girondins de Bordeaux. C’est l’abandon, et une course débute pour les mécaniciens qui n’ont que très peu de temps pour remettre l’auto en état pour la seconde course, en début d’après-midi. La machine ne peut en effet leur revenir entre les mains qu’à la fin de la course. Les débris sur la piste imposent l’intervention de la voiture de sécurité. Le Français a fortement heurté frontalement le muret des stands et endommagé sa monoplace après l’avoir perdue dans la dernière ré -accélération.

L’ouverture de la fenêtre de ravitaillements voit tous les plus proches poursuivants du leader se ruer aux stands après le restart. Dolby, Jani et Vervisch (Luxembourg) se ruent dans la pitlane. En tête, Chris Van der Drift attend un tour pour entrer aux stands. Mal lui en a pris : Dolby et Vervisch, à grand renfort de Michelin neufs et de mise en action du push-to-pass, parviennent à ressortir devant le néo-zélandais, qui n’occupe maintenant plus que la troisième position. L’un des autres grands contrariés des arrêts aux stands est Andy Soucek (Espagne – Atletico Madrid) qui perd beaucoup de temps en raison d’un problème à l’arrière de sa machine. Il aura pour consolation le bénéfice de la grille inversée en course 2 pour relancer son weekend.

En seconde moitié de course, les leaders semblent préférer économiser leurs gommes pour la seconde manche de la journée et maintiennent un rythme constant et prudent. A l’arrivée, c’est Craig Dolby qui voit s’agiter en premier le drapeau à damiers, trois secondes devant Neel Jani avec la monoplace Belge favorite du public, et le poleman Chris Van der Drift. Dans la monoplace du Luxembourg, le pilote Belge Frédéric Vervisch termine quatrième et devance Robert Doornbos (Japon) et Yelmer Buurman (Pays-Bas/PSV Eindhoven). Relative déception pour Max Wissel (Corée du Sud) et Antonio Pizzonia (Brésil), respectivement 7ème et 8ème, qui devront partir du milieu du paquet pour la seconde course. La victoire de Dolby lui offre le leadership du championnat.

Course 2 : Chemin de croix pour Gommendy ; victoire de l’Australie

Il n’y a que très peu de répit entre les deux courses et après 20 minutes seulement, il est déjà temps de procéder à la mise en grille des monoplaces pour la seconde course longue de la journée. Il restera encore ensuite la Superfinale à disputer pour les meilleurs performers des deux courses cumulées.

A la faveur de la grille totalement inversée, Tristan Gommendy aurait pu partir depuis la pole position. Mais la monoplace endommagée n’est pas prête à temps pour se placer sur la grille. Il faudra partir depuis la pitlane, mais le Français peut remercier les efficaces mécaniciens de son équipe Azerti qui sont tout de même parvenus à lui rendre une machine capable de disputer la course.

Andy Soucek est donc seul en première ligne. La voie est également dégagée pour Filip Salaquarda (République Tchèque- Sparta Prague), partant troisième. Le Russe Mikhail Aleshin complète la seconde ligne de la grille.

Si Andy Soucek occupe la tête de la course au terme du premier tour, le départ est très musclé et animé par le jaillissement d’Antonio Pizzonia de la sixième à la seconde place ! Le Brésilien, qui avait calé sur la grille quelques minutes auparavant, semble cependant avoir anticipé le départ lancé et pourrait se trouver pénalisé. Une nouvelle fois, Tristan Gommendy ferme la marche après être parti des stands.

Une joyeuse pagaille règne dans le peloton tandis que les leaders de la course 1, partis derrière, tentent de se frayer un chemin vers l’avant.

La sanction pour le départ anticipé de Pizzonia ne tarde pas à tomber, et le Brésilien est intimé de revenir aux stands pour écoper d’un drive-through.

Un chat noir s’est embarqué dans le cockpit de la machine d’Andy Soucek, qui connaît de nouveau une énorme désillusion. Un nouvel arrêt aux stands désastreux le voit de nouveau caler et perdre le commandement de la course. De son côté, Salaquarda partait à la faute et chutait dans le classement.

Avec ainsi quatre candidats à la victoire tombant devant lui comme des dominos, le débutant russe Mikhail Aleshin tient une occasion en or de briller. Il retarde au maximum son arrêt aux stands et s’arrête dans les ultimes secondes de la fenêtre dédiée aux pit-stop. Mais John Martin (Australie) est déjà passé à sa sortie et prend la tête de la course. Surprise, Tristan Gommendy n’a pas observé son arrêt obligatoire avec la monoplace France – Girondins de Bordeaux. Il en sera pénalisé par un drive-through.

En fin de course, Craig Dolby entre aux stands, victime d’un problème de transmission. L’Anglais se tient la tête dans les mains : il sait qu’il vient de perdre son ticket d’accès à la Superfinale et aux primes monétaires, en plus de précieux points pour sa quête de titre.

En fin de course, Martin n’a plus qu’à gérer son avance de sept secondes sur la machine sud-coréenne de Wissel, qui a pris le meilleur sur Aleshin. Les positions resteront figées jusqu’à l’arrivée ; Vervisch prend les points de la quatrième place, devant Tappy (Turquie – Galatasaray) et Buurman. Gommendy franchit la ligne en 11ème position.

Superfinale: Vervisch résiste sous la pluie

La dernière course du weekend est le sprint de 5 tours opposant les huit pilotes ayant inscrit le plus de points. En jeu : les primes monétaires, avec un chèque de 100’000€ pour le vainqueur. Le départ est arrêté. C’est le Belge Frédéric Vervisch qui s’élance de la pole avec la machine du Luxembourg, devant la monoplace australienne de John Martin et la sud-coréenne de Max Wissel.

Vervisch prend un départ parfait et est protégé par un Martin retenant tout le monde au premier tour. Neel Jani, avec ses pneus neufs, est très agressif et gagne une position. Il est troisième mais veut faire sauter le bouchon Martin aussi vite que possible. Le pilote de la monoplace Belge se montre dans les rétroviseurs de tous les côtés tandis que la pluie arrive pour les deux derniers tours de la course ! Les conditions deviennent vraiment glissantes et l’on voit l’avance de deux secondes de Vervisch fondre comme neige au soleil. Plusieurs pilotes tirent tout droit à la chicane, dont le leader. Une arrivée incroyable voit 5 pilotes finir dans 1’1 sec et Vervisch sauver son gros chèque ! Victoire Belge en Belgique, que demander de plus pour les spectateurs ?

Frédéric Vervisch (Luxembourg): «Je ne m’attendais vraiment pas à ce qu’il pleuve en fin de Superfinale! Je suis vraiment heureux ! Je n’ai réalisé que j’ai gagné que quand je suis bien sorti de la dernière accélération ! Merci à toute l’équipe !»

John Martin (Australie):«L’équipe a fait un super travail tout le weekend ! Nous menons le championnat maintenant, et c’est du très bon travail. Félicitations à tous ! Maintenant je ne veux plus lâcher le commandement et poursuivre sur cette belle lancée »!

Neel Jani (Belgique – RSC Anderlecht): “J’ai essayé de rattraper la machine de l’Angleterre en course 1, mais ai vu du monde arriver dans mes rétroviseurs. Nous avions tous trois un très bon rythme. Je ne voulais pas prendre de risques inutiles et ai assuré la seconde place car il y avait encore deux courses à disputer par la suite. C’est comme ma course à domicile ici comme je suis suisse et que nous n’avons pas de course là-bas. Je pilote une machine aux couleurs de la Belgique, j’ai voulu offrir un beau weekend aux spectateurs locaux ! “

Craig Dolby (Angleterre): «Nous savions que nous avions la vitesse. J’ai suivi Chris [Van der Drift] et me suis assuré d’être rapide dans le tour de sortie des stands pour le passer en course 1. Je pense que nous méritons ce résultat après avoir signé la pole hier dans des conditions difficiles et l’avoir perdue avant la course. En course 2, j’ai senti le problème avec la boîte de vitesse arriver mais nous n’avons rien pu faire. C’est vraiment dommage car nous pourrions occuper la tête du championnat».

Tristan Gommendy (France-Girondins de Bordeaux): Je ne sais pas ce qu’il s’est exactement passé en course 1 ; je n’ai rien fait de spécial. J’ai soudainement perdu l’arrière et fini dans le mur. La voiture est assez endommagée. Nous avions une stratégie avec de très vieux pneus et c’était je pense une bonne idée mais il était très difficile de suivre les autres. Nous avons besoin de ramener la voiture dans le box pour la réparer et voir si nous pouvons participer à la seconde manche».

Andy Soucek (Espagne – Galatasaray): «Tout se passait très bien en course 2 après une course 1 lors de laquelle nous n’avions pas adopté la meilleures des stratégies et eu un problème aux stands. Nous avions un très bon rythme. J’aurais pu gagner la seconde course facilement car j’avais encore des pneus neufs pour le dernier relais. C’est très étrange d’avoir eu deux fois le même problème aux stands et évidemment très décevant. Il n’y a pas grand-chose d’autre à dire que vivement la prochaine manche».